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    Énergie : heures creuses, ça vaut encore le coup ?

    31 juillet 2026
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    Énergie : heures creuses, ça vaut encore le coup ?

    Avec la flambée des prix de l'électricité, chaque centime compte. Comme beaucoup, je me suis penché sur ma facture pour traquer les économies possibles. Une question revient sans cesse : l'option Heures Creuses, autrefois présentée comme le Saint-Graal pour les gros consommateurs, est-elle encore pertinente aujourd'hui ? La réponse n'est plus aussi simple qu'avant. Entre les nouvelles habitudes de consommation, l'arrivée des véhicules électriques et la multiplication des offres, il est temps de refaire les comptes. Avant même de penser à changer d'option, la première étape est de savoir si votre contrat actuel est compétitif. Pour cela, un petit tour sur un comparateur d'énergie est souvent riche d'enseignements.

    Comprendre l'option Heures Creuses / Heures Pleines (HP/HC)

    Avant de plonger dans les calculs, revenons aux bases. L'option Heures Pleines / Heures Creuses est un des deux principaux choix de tarification proposés par les fournisseurs d'électricité, l'autre étant l'option "Base".

    • L'option Base : C'est la simplicité même. Le prix du kilowattheure (kWh) est le même, peu importe l'heure de la journée ou de la nuit. Vous payez la même chose que vous fassiez tourner votre lave-linge à 15h ou à 3h du matin.
    • L'option HP/HC : Ici, le prix du kWh varie selon deux plages horaires. Les Heures Pleines (16h par jour) où l'électricité est plus chère que le tarif Base, et les Heures Creuses (8h par jour, souvent la nuit) où elle est moins chère.

    Point crucial : l'abonnement mensuel de l'option HP/HC est également légèrement plus élevé que celui de l'option Base. Il y a donc un surcoût fixe à compenser avant même de commencer à économiser sur la consommation. Les plages d'heures creuses sont définies par le gestionnaire de réseau Enedis et varient d'une commune à l'autre. Elles sont généralement concentrées la nuit (par exemple, de 22h à 6h), mais peuvent parfois inclure des heures en début d'après-midi.

    Le calcul de rentabilité : le point de bascule à connaître

    C'est la question à un million d'euros : à partir de quand l'option Heures Creuses devient-elle rentable ? La réponse est mathématique. Pour que l'option soit avantageuse, les économies réalisées pendant les heures creuses doivent être supérieures au surcoût de l'abonnement ET au surcoût de la consommation en heures pleines.

    Historiquement, on a longtemps entendu dire qu'il fallait consommer au moins 40% de son électricité en heures creuses pour que l'option soit intéressante. Avec les tarifs actuels, ce seuil a légèrement bougé. La règle d'or est qu'il faut aujourd'hui réussir à déplacer un minimum de 30% à 35% de sa consommation totale durant les 8 heures creuses.

    Exemple concret simplifié

    Prenons une famille avec une consommation annuelle de 5000 kWh. Pour simplifier, oublions le coût de l'abonnement pour l'instant et concentrons-nous sur le kWh.

    • Tarif Base (fictif) : 0,25 €/kWh. Coût annuel : 5000 * 0,25 = 1250 €.
    • Tarif HP/HC (fictif) : Heures Pleines à 0,27 €/kWh et Heures Creuses à 0,20 €/kWh.

    Scénario 1 : La famille ne change pas ses habitudes (20% en HC)

    La consommation se répartit avec 1000 kWh en HC (20%) et 4000 kWh en HP (80%).
    Coût annuel : (1000 * 0,20) + (4000 * 0,27) = 200 € + 1080 € = 1280 €. C'est plus cher que l'option Base, sans même compter le surcoût de l'abonnement.

    Scénario 2 : La famille est disciplinée (40% en HC)

    La consommation se répartit avec 2000 kWh en HC (40%) et 3000 kWh en HP (60%).
    Coût annuel : (2000 * 0,20) + (3000 * 0,27) = 400 € + 810 € = 1210 €. Ici, l'option devient rentable. L'économie de 40€ par an couvrira probablement le surcoût de l'abonnement et générera une petite économie.

    Pour connaître votre propre répartition, le plus simple est de consulter votre facture d'électricité détaillée ou de vous connecter à votre espace client Enedis si vous avez un compteur Linky.

    Quels appareils programmer pour basculer en Heures Creuses ?

    Atteindre les fameux 30-40% ne se fait pas par magie. Il faut activement déplacer la consommation des appareils les plus énergivores. Voici les principaux candidats au travail de nuit :

    • Le ballon d'eau chaude (chauffe-eau) : C'est l'élément numéro un. Il peut représenter jusqu'à 15-20% de la consommation d'un foyer. S'il est électrique, il est impératif de le faire fonctionner exclusivement en heures creuses via un contacteur jour/nuit sur votre tableau électrique. S'il se déclenche en journée, l'option HC/HP est presque toujours une mauvaise idée.
    • Le véhicule électrique : C'est le nouvel acteur qui change la donne. Une recharge complète représente une consommation énorme. Si vous avez un véhicule électrique et que vous le rechargez systématiquement la nuit, l'option Heures Creuses devient non seulement rentable, mais quasi indispensable.
    • Le lave-linge et le sèche-linge : Ces deux appareils sont de gros consommateurs. La quasi-totalité des modèles récents disposent d'une fonction "départ différé". C'est l'outil parfait pour les lancer juste au début des heures creuses.
    • Le lave-vaisselle : Comme pour le linge, un départ différé permet de le faire tourner la nuit sans effort.
    • Les radiateurs électriques : Si vous avez des radiateurs à inertie programmables, vous pouvez leur demander d'accumuler de la chaleur en fin de nuit (pendant les heures creuses) et de la restituer le matin.

    Les pièges à éviter et les idées reçues

    L'option Heures Creuses est semée d'embûches pour les non-initiés. Il est essentiel de déconstruire certains mythes.

    Idée reçue n°1 : "Avec un chauffe-eau électrique, c'est forcément rentable."

    FAUX. C'est une condition nécessaire, mais pas suffisante. Si votre chauffe-eau fonctionne bien la nuit mais que le reste de votre consommation (cuisson, éclairage, ordinateurs, télévision...) a lieu massivement en journée, le prix élevé des heures pleines peut annuler, voire inverser, le bénéfice. Il faut regarder la consommation globale.

    Idée reçue n°2 : "Les heures creuses, c'est de 22h à 6h pour tout le monde."

    FAUX. Les plages horaires ne sont pas nationales. Elles sont définies localement par Enedis. Pour connaître VOS heures creuses, la seule source fiable est votre facture d'électricité ou votre compteur Linky. Ne vous fiez pas à celles du voisin !

    Le piège principal : sous-estimer le coût des Heures Pleines

    Le principal danger est d'oublier que 16 heures par jour, votre électricité est plus chère qu'en tarif Base. Chaque utilisation d'un appareil gourmand en journée (un coup de sèche-linge parce qu'on est pressé, un four qui tourne 3h pour un plat mijoté) vient grignoter vos économies. Cette option demande une vraie discipline.

    Verdict : on garde, on change, on fait quoi ?

    Alors, en 2024, l'option Heures Creuses vaut-elle encore le coup ? La réponse est un grand "ça dépend".

    L'option Heures Creuses est probablement faite pour vous si :

    • Vous avez un ballon d'eau chaude électrique bien configuré.
    • Vous rechargez un véhicule électrique à domicile.
    • Vous êtes prêt à utiliser systématiquement le départ différé de vos appareils (lave-linge, lave-vaisselle...).
    • Votre logement est bien isolé et vous n'avez pas besoin de pousser le chauffage électrique en pleine journée.

    L'option Base est probablement plus sûre et économique si :

    • Vous vivez dans un petit appartement, avec un petit chauffe-eau ou une production d'eau chaude au gaz.
    • Vous n'avez pas de gros appareils programmables ou n'avez pas la discipline de les utiliser la nuit.
    • L'essentiel de votre consommation (télétravail, cuisine, etc.) se fait en journée.
    • Le bruit des appareils la nuit est une contrainte (voisins, sommeil léger).

    Mon conseil personnel est simple : faites un audit. Regardez vos factures, analysez vos habitudes et soyez honnête avec vous-même sur votre capacité à changer votre routine. Le confort a aussi un prix.

    Pour aller plus loin

    Analyser sa situation est la première étape. La seconde est de s'assurer que, quelle que soit l'option tarifaire choisie, votre contrat est le plus compétitif du marché. Les offres des fournisseurs évoluent constamment, avec des remises sur le prix du kWh ou de l'abonnement. Le meilleur moyen de savoir si vous payez le juste prix ou si une offre plus adaptée à votre profil existe est d'utiliser un comparateur d'énergie. C'est rapide, gratuit, et ça pourrait bien vous faire économiser bien plus qu'un simple changement d'option tarifaire.

    Tags :
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